Comment s’organiser pour l’écriture ?

Je crois que c’est la question à 1 milliard !

Depuis que G.R.R Martin a mis en avant cette histoire d’auteur architecte ou d’auteur jardinier, tou.t.e.s les auteurices s’interrogent sur ce qu’ils sont et sur leur propre manière d’aborder (pour ne pas dire d’affronter) leurs manuscrits. On voit régulièrement réapparaître cette question sur les réseaux sociaux, et, quand on s’interresse un peu aux réponses, on se rend compte qu’il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » manière de faire, ni d’auteurice réellement 100% architecte ou 100% jardinier.

Pour ceux qui ne connaitraient pas encore ces termes, voici ce que l’on peut en dire :

  • auteur architecte : qui construit un plan avant de se lancer dans l’écriture. L’auteur architecte connait les grandes lignes de son récit, le début, le milieu, la fin, mais également les évènements importants d’une grande partie de leur histoire.
  • auteur jardinier : ils ont en général le point de départ et se lancent sans savoir où tout cela va les mener.

D’après ce que j’ai pu constater en discutant avec d’autres auteurices, il n’est pas rare d’attaquer un premier tome au grès de son inspiration, et de se laisser emporter pour découvrir où tout cela va nous mener. Je l’ai fait, c’est comme ça que j’ai écrit en grande partie le 1er tome des oubliés, ou ceux de Blood Witch et d’Headline, pourtant, ce n’est pas comme cela que j’écris la majortié du temps.

D’ailleurs, d’après mes échanges, je crois que très peu d’auteurices parviennent au bout d’un manuscrit sans s’arrêter à un moment donné pour se dire : « Bon, ok, je vais où comme ça ? », autrement nous serions tou.t.e.s en train d’écrire une histoire qui n’en termine jamais. Que nous le fassions en prenant des notes ou en organisant nos pensées, nous sommes tou.t.e.s obligé.e.s, à un moment donné, de réfléchir à ce qui se passe, à ce qui va arriver et à comment tout ceci va se terminer.

Je ne nie pas que parfois (voire souvent), des évènements imprévus nous font prendre une nouvelle direction et nous obligent à revoir ce que nous avions envisagé, ou qu’un personnage un peu trop confiant nous en fait voir de toutes les couleurs, c’est malheureusement (ou pas), le lot de tou.t.e.s les auteurices, qu’ils soient architectes ou jardiniers. Peut-être que le jardinier le vivra mieux, car, de toute façon, il n’avait pas de plan. Mais est-ce que dans ces cas là ce ne sera pas plus simple pour l’architecte de retomber sur ses pieds ? Je suis une autrice qui n’efface pas. Qu’un évènement soit prévu ou non, s’il est sorti de mon clavier, je le laisse et je poursuis jusqu’à avoir récupéré la trame prévue.

Parce que oui, même si j’attaque parfois (c’est de moins en moins souvent le cas) un roman en mode « jardinier », j’ai besoin, à un moment donné, d’avoir une trame. Ce que je vais vous livrer ici n’est absolument pas dans le but de dire que c’est la bonne manière de faire. Je ne l’écris pas parce que ça me semble être la meilleure, mais, simplement pour expliquer comment moi je fonctionne. Ca aidera peut-être certain.e.s d’entre vous, ou pas.

Si on s’en réfère à cette classification d’auteur jardinier ou architecte, je devrais me classer dans les auteurs architectes. La majorité du temps, quand j’attaque un roman, j’ai déjà un certain nombre de notes (un fichier onenote dans lequel j’ai plusieurs onglets hyper organisés) sur mon univers, quelques-uns de mes personnages (parfois qu’un seul), et sur quelques évènements. Le tout se précise après les premiers chapitres et, il arrive un moment ou je peux compléter cette liste d’évènements pour en faire une trame qui sera la colonne vertébrale de mon manuscrit, sa ligne directrice. Mais… parce que oui, il y a un mais… autrement ce serait moins drôle, j’écris sans forcément consulter cette trame à chaque fois, je le fais principalement en relisant le chapitre précédent avant d’attaquer le suivant. Quand je termine un chapitre, je prends également des notes dans le suivant pour me donner l’idée générale de ce qui doit y être abordé. Je me retrouve donc régulièrement à modifier, réorganiser, supprimer, ajouter, des évènements à ma liste en fonction de là où mon inspiration me mène (oh ben, ça ne ressemblerait pas à du jardiner ça ?). En fait, cette trame je la fais simplement dans le cas où je me retrouverais bloquée dans l’écriture. Si jamais je me retrouve à ne plus savoir où aller et comment y aller, il me suffit de la reprendre pour voir où j’en suis et ce qu’il me reste à aborder. Dans 90% des cas, ça me permet de repartir sans trop de difficulté. Pour ce qui est des notes sur mon univers (mon world-building en gros), c’est vraiment par esprit de practicité. Il m’est trop souvent arrivé de devoir rechercher un terme, un nom, un lieu, etc. dans l’ensemble d’un manuscrit, ou pire, dans le tome précédent, pour me faire encore avoir. Maintenant, tout ce qui a attrait à mon univers pur, je le note. Même si ça me semble inutile, même si parfois ça me fait dire « pourvu que jamais personne ne tombe sur ces notes », je le fais, j’ai perdu trop de temps par le passé.

Alors que suis-je ? Et surtout qu’est-ce qu’un.e auteurice doit être ?

Heureusement, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de fonctionner. Je crois que chaque auteurice à sa propre manière, celle qui lui convient et surtout, une méthode qui évoluera au fil du temps. Je ne me lance plus dans un roman comme il y a dix ans. J’ai appris de mes erreurs, de mes pertes de temps, de ma plume également. Si je n’avais pas franchi toutes ces étapes de moi même, je serais encore en train de chercher comment avancer, comment éviter les blocages, comment retomber sur mes pieds. La seule chose dont je suis certaine, c’est que pour trouver comment s’organiser pour écrire : il faut écrire. Avec le temps, avec l’expérience, vous trouverez ce qu’il vous manque dans votre méthode actuelle et vous mettrez en place des choses pour que ça n’arrive plus. En échangeant avec d’autres auteurices, vous vous direz peut-être : « Oh, ça, ça me plaît, je vais l’ajouter à ma manière de fonctionner », ce sera peut-être une solution efficace pour vous, ou pas, vous en garderez peut-être simplement une partie ou vous l’adapterez. Peu importe. Ce qui est important c’est de trouver ce qui fonctionne pour vous. De tester, de vous tromper, de changer d’avis, jusqu’à ce que vous ayez : VOTRE METHODE.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron… et bien, c’est en écrivant qu’on devient auteurice (oui, je n’aime pas le terme écrivain, ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas) et écrire, c’est aussi mettre en place des processus d’écriture. Personne ne peut le faire à votre place et il n’y a pas de formule magique. Pourquoi ? Tout simplement parce que chaque personne est différente et à donc besoin d’outils différents. Certain.e.s écrivent sur word, d’autres sur google doc, d’autres encore sur scrivener et tout le monde accepte que c’est une question de goût et de ressenti. Eh bien c’est exactement la même chose en ce qui concerne notre manière de fonctionner pour nous organiser. Ne cherchez pas à vous enfermer dans une case ou à vous dire que vous devriez fonctionner de telle ou telle manière parce que tel.le grand.e auteurice procède ainsi. Ca ne marchera pas. Soyez vous même et avant tout : FAITES VOUS PLAISIR !

Allez, à votre clavier et n’hésitez pas à me faire part de vos propres méthodes !

C’est à vous !