Chapitre Un Edenalia

Du haut de son promontoire Galléna observait en contrebas la ville encore endormie. Pour la première fois depuis de nombreuses années ses cheveux bruns dépassaient la longueur légale de ses oreilles pour atteindre le milieu de son dos. De petites mèches voltigeaient dans la légère brise matinale venant lui chatouiller les joues et se coller dans ses jolis yeux verts. La journée s’annonçait chaude. Elle tira instinctivement sur la capuche de sa tenue Edénalienne pas pressée de devoir la remettre en rentrant en ville. Elle grimaça en pensant à la journée qui l’attendait. Son anniversaire, ses dix-huit ans. L’âge qu’elle voyait encore si loin quelque temps auparavant était finalement arrivé trop vite. Comme pour enfoncer le clou c’est également ce jour-là que devait revenir le Général accompagné des derniers arrivants.

Un bruit derrière elle la fit se retourner prestement. Dans le même temps, elle se saisit de la sarbacane posée à ses côtés. Effrayé par se brusque mouvement, l’oiseau à l’origine du bruit prit son envol. Il était gros. Suffisamment pour les régaler sa mère et elle autour d’un bon repas d’anniversaire. Elle l’observa quelques secondes, approcha la sarbacane de sa bouche, ajusta son tir et souffla fort. La pointe nichée à l’intérieur du long tube jaillit droit devant et s’éleva dans les airs. La jeune fille n’attendit pas de voir si elle avait fait mouche. Elle était déjà en train de recharger son arme lorsque l’oiseau commença à chuter. Elle se leva d’un bond et partit en courant dans sa direction. Elle écartait la végétation luxuriante à l’aide de sa sarbacane, tout en fouillant des yeux les fourrés à la recherche du plumage vert et marron de son prochain diner. La tache était rendue difficile par le faible éclairage du soleil qui se levait à peine et par la hauteur des arbres environnants. Elle commençait d’ailleurs à désespérer de trouver sa proie lorsqu’elle atteignit la grande piscine naturelle creusée par la chute de la rivière Vaillante.  Elle s’arrêta un instant, éblouit comme d’habitude par la beauté du lieu. Elle connaissait la forêt comme sa poche, mais cet endroit était de loin son préféré. Lorsqu’elle ne chassait pas, ou qu’elle n’aidait pas sa mère à la maison, elle aimait venir passer de longues heures ici, à se baigner et à se prélasser au soleil sur un des grands rochers plats dispersés au milieu de l’eau couleur émeraude. Les battements de son cœur s’accélérèrent sous le coup de l’émotion provoquée par la magie du lieu. Un sourire franc se dessina sur ses lèvres. Tout à coup la journée à venir lui paraissait moins horrible, ses dix-huit ans moins importants, et quand ses yeux se posèrent enfin sur l’animal étendu sur une couverture verdoyante, elle exulta.

­­— Je te tiens !

Elle leva un poing victorieux en direction du ciel et s’empressa d’attraper l’animal pour l’enfermer dans sa besace. Ce matin, elle ne rentrerait pas les mains vides, elle n’aurait donc pas besoin de se rendre au marché et d’affronter les regards d’encouragement et de fierté des autres habitants de la cité.

En soupirant elle se laissa tomber dans l’herbe au bord de la rivière. Elle retira ses bottines avant de retrousser son pantalon gris clair. Elle portait cette couleur pour la dernière fois de sa vie. Ce soir, on lui remettrait sa nouvelle tenue. Elle serait identique en tout point, pantalon ample ne laissant pas voir les jambes, tunique couvrant les bras et munie d’une capuche pour cacher les cheveux, mais d’une teinte plus sombre. Elle regrettait souvent la couleur marron des tenues des garçons. Pas parce qu’elle préférait cette couleur à celle des uniformes des femmes, non, mais surtout pour le symbole que la couleur véhiculait : marron terre pour les jeunes hommes en âge de travailler, gris moyen pour les jeunes femmes en âge de procréer. L’impuissance de la situation lui coupa la respiration et lui fit courber le dos. En secouant la tête, elle s’allongea dans l’herbe et plongea ses pieds dans l’eau fraiche. Devenir mère. Cette idée lui arracha une grimace et une larme perla à son œil droit. Elle l’essuya avant qu’elle ne coule. Il était hors de question de se laisser aller. Elle n’était pas la première à devoir affronter son devoir envers la nation et les autres ne se plaignaient pas ! Plutôt que de s’appesantir sur le sujet, elle préféra laisser son regard dériver sur la forêt. La petite clairière dans laquelle tombait la cascade était bordée d’arbres imposants. L’herbe qui l’entourait était grasse d’un vert sombre et parsemée de fleurs rouges, or, bleues, blanches, et toutes odorantes. Il régnait dans l’air un parfum sucré et fruité qui la rendait nostalgique à tous les coups.

— Galle !

La voix de son amie lui arriva étouffée par le bruit que produisait la cascade.

Elle se redressa et appela à son tour.

— Maddy ! Je suis là.

Le rire de Maddy lui répondit. Quelques secondes plus tard, la jeune fille fit son apparition dans la clairière, de l’autre côté de l’eau. Le soleil tomba sur ses cheveux châtain coupé court, leur conférant presque une couleur blonde. Elle se dirigea tranquillement vers un endroit où la rivière était suffisamment étroite pour lui permettre de traverser et malgré son ventre déjà proéminent arriva à sauter avec élégance sur l’autre rive.  Galléna observa son amie s’approcher d’elle. Elle la voyait tous les jours, mais avait chaque fois l’impression que son ventre s’était arrondi. Maddy était enceinte de six mois et était rayonnante. Galléna espérait sincèrement arriver à cet état de bonheur quand son tour arriverait. La future maman prit place à ses côtés un peu plus lourdement que quelques mois auparavant avant de la prendre dans ses bras.

— Bon anniversaire Galléna !

Elle se redressa ensuite en grimaçant et se passa la main sur le ventre.

— Tu te sens bien ? s’inquiéta Galléna.

Maddy acquiesça un sourire aux lèvres.

— Oui, mais le coquin n’arrête pas de bouger depuis mon réveil, je crois qu’il a aussi hâte que moi de me rencontrer.

— Oui et bien ne soyez pas trop pressés tous les deux. De toute façon il te reste encore trois mois à attendre. Laisse-moi profiter de toi encore un peu.

Maddy rit encore une fois en lui donnant une tape sur le bras.

— Tu sais très bien que son arrivée ne changera rien à nous deux. Et puis, bientôt ce sera ton tour. Je nous imagine déjà toutes les deux avec nos bébés à peine séparés de quelques mois. Ça va être formidable Galle !

Galléna se renfrogna, mais son amie ne remarqua rien.

— Tu comptes te couper les cheveux pour accueillir ta nouvelle tenue ?

La jeune femme secoua la tête.

— Non je suis passée à l’intendance hier pour leur confirmer que je voulais un uniforme à capuche.

Maddy l’observa quelques instants en fronçant les sourcils avant de se détourner.

— Tu es vraiment sûre de toi ? Ça ne va pas plaire au Général. Les Non-conformes ne sont pas monnaie courante dans la première cité et même si nous avons cette possibilité, tu sais très bien qu’il n’aime pas trop que nous y ayons recours.

— Je sais tout ça. Mais j’ai eu les cheveux courts pendant quatre ans et je ne me suis pas senti aussi bien que depuis que j’ai décidé de les laisser repousser. Ma mère ne saute pas au plafond non plus, mais c’est mon choix et tant que je porte ma capuche en public, personne ne peut aller à l’encontre de ma décision.

Maddy hocha légèrement la tête avant de s’allonger dans l’herbe.

— Tu sais que tu ne pourras plus non plus venir te baigner ici. Que tu le fasses encore est déjà à la limite de la loi et tu as de la chance que le Général ne soit pas là en ce moment.

Galléna sauta sur ses pieds, poings sur les hanches.

— Tu es la nouvelle porte-parole du Général ? Ne pas porter les cheveux longs, ne pas se baigner sous peine de montrer ses jambes, ses bras, et oh quelle horreur, ses fesses ! Je sais très bien ce que j’ai le droit de faire ou pas Maddy, les règles je les connais tout autant que toi. Et si je me lève aussi tôt tous les jours c’est justement pour pouvoir venir encore me baigner sans être surprise par quiconque.

Elle attrapa ses chaussures, sa sarbacane et sa besace d’un geste rageur et s’éloigna de plusieurs pas avant de se rassoir pour se rechausser.

— Galle, ne te fâche pas, mais je te connais. Je sais que tu ne veux pas avoir dix-huit ans, que tu ne veux pas porter d’enfant, que toutes ses règles te pèsent au quotidien. Je m’inquiète juste pour toi. Tu ne passes pas énormément de temps en ville, tu ne côtoies pas les habitants ou très peu, tu n’entends pas ce qu’il se dit sur toi !

Elle prit une grande respiration avant de continuer.

— Est-ce que tu comptes au moins entrer dans un centre pour jeunes mamans ?

Galléna ricana en laçant nerveusement ses chaussures. Puis elle redressa la tête et plongea son regard dans celui de sa meilleure amie.

— Certainement pas. Soit le Général accède à ma demande de vivre seule, soit je reste chez ma mère.

Maddy déglutit, ouvrit la bouche pour dire quelque chose, puis se ravisa et la referma. Enfin, lentement avec des gestes prudents, comme pour ne pas effrayer un animal sauvage, elle se leva et s’approcha de Galléna.

— Réfléchis à tout ça Galle, c’est tout ce que je te demande. Je n’aimerais pas du tout que le Général décide de t’envoyer dans une autre cité, car tu perturbes la vie de la toute première créée. Tu sais très bien qu’il ne garde ici que ceux qu’il juge dignes.

La jeune fille se mit debout en haussant les épaules.

— Qu’il m’envoie ailleurs alors. J’aurais peut-être moins l’impression d’étouffer.

Les yeux bleus de Maddy se remplirent de larmes, mais elle serra les dents pour les empêcher de couler.

— Je ne peux pas croire que tu sois butée à ce point. De toute façon les règles sont les mêmes dans toutes les cités, la seule chose qui change c’est la présence du Général. Mais ses représentants sont là pour faire respecter la loi, il faudra bien t’y faire.

Galléna lui tourna le dos et prit le chemin du retour.

— Mais c’est toi qui penses que je ne me plie pas aux règles Maddy.

Elle désigna sa tenue et passa sa capuche sur sa tête pour enfermer sa chevelure et la cacher des regards extérieurs.

— Mais il me semble que je corresponds tout à fait à ce qui est demandé. Pas de peau nue, pas de cheveux, rien qui ne puisse susciter l’intérêt de ces messieurs.

Elle fit passer la sarbacane dans son dos pour la caler dans l’étui prévu à cet effet et la sacoche en travers de sa poitrine avant de reprendre.

— Allez viens et arrête de m’embêter avec tout ça. Laisse-moi profiter de ma dernière journée avant de revêtir cet uniforme idiot. Oui, tu as raison, les règles me déplaisent et je ne veux pas avoir d’enfant. Je n’ai pas envie d’être appelée demain ou après-demain ou même dans plusieurs semaines pour me rendre à la clinique et être inséminée, mais je n’ai jamais dit que je ne le ferais pas, alors évite de me glisser des idées pareilles dans la tête.

Dans son dos, elle entendit son amie renifler, mais elle ne s’arrêta pas. Elle sauta d’un rocher à l’autre pour traverser le bassin, sachant pertinemment que Maddy serait obligée de traverser plus loin, mais sur le coup s’éloigner d’elle lui faisait du bien. Elle ne voulait pas de cette destinée, mais elle essayait de se persuader que la vie sur cette planète était toujours mieux que celle qu’avaient fuie les anciens sur Terre.

***

            Léo attendait l’arrivée du Général Willis dans le hangar habituel. Il faisait froid en ce mois de février et sa tenue de civil ne parvenait pas à le réchauffer totalement. Le Général avait insisté : pas de tenue militaire pour cette mission, alors il avait obéi.

Il regarda une nouvelle fois sa montre en sautillant sur place dans une veine tentative de gagner quelques degrés. Sa supérieure était en retard, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Pour la cinquième fois depuis qu’il était arrivé, il se demanda quoi faire. Vingt minutes, dans l’armée, c’était très mauvais signe, surtout qu’elle n’avait pas pris la peine de l’appeler pour l’en informer. Il fut tenté de contacter Dan, pour voir s’il en savait plus, mais leurs communications étaient surveillées et jusqu’à ce qu’ils aient mené leur mission à bien, ils ne pouvaient prendre aucun risque. Il balaya une dernière fois le hangar du regard, comme si le Général Willis pouvait se cacher derrière une des caisses entreposées là, puis se traitant mentalement d’idiot il prit la direction de la sortie. Ses pas résonnaient durement sur le sol en béton, mais il ne prit pas la peine de se faire discret. Plus personne ne venait dans cette partie de la ville. Les bâtiments étaient pratiquement tous détruits et ceux qui tenaient encore debout pouvaient s’écrouler à tout moment. L’endroit était bien trop dangereux pour attirer les curieux. Il attrapa le masque de protection qui pendait autour de son cou et l’enfila correctement autour de sa tête. Il s’agissait du masque de base, fabriqué dans un mélange de tissus et de papier, celui utilisé par la majorité des habitants de la planète, en tout cas par ceux encore suffisamment conscients pour se rendre compte que cette dernière se mourrait. Son autre masque, celui fourni par l’armée, était resté dans sa chambre, il ne voulait pas qu’on devine au premier coup d’œil qu’il faisait partie des forces de protection civile.

Alors qu’il approchait de la porte, un bruit métallique à l’extérieur le fit se coller contre le mur, une main sur son arme attachée à sa ceinture. Il n’y avait aucune raison pour que ce soit quelqu’un d’autre que le Général, mais on n’était jamais trop prudent. Le bruit se répéta, comme si quelqu’un butait dans une barre en fer. Il sortit son révolver et fit sauter le cran de sécurité. La grande porte glissa sur son rail dans un crissement qui se répercuta en écho dans le hangar. Il tendit le bras devant lui arme en main, prêt à tirer.

— Repos agent Bright, ce n’est que moi !

La voix du Général Willis pénétra dans l’entrepôt, précédant sa propriétaire. Elle connaissait ses hommes, elle savait que Léo alerté par le bruit l’attendrait l’arme à la main.  Le jeune homme souffla, remit le cran de sécurité, rangea son revolver tout en faisant redescendre son masque de protection. Le général entra dans le bâtiment toujours accompagnée du bruit métallique. Léo fronça les sourcils et se précipita à sa rencontre. Il la soutint sous un bras avant de refermer précipitamment la grande porte coulissante derrière elle. Elle était blessée. La jambe gauche de son pantalon vert kaki semblait maculée de sang. Elle devait se servir d’une grande barre en fer pour tenir debout. Léo l’aida à prendre place sur une caisse en bois, il voulut se baisser vers sa jambe et prendre la parole, mais elle l’arrêta d’un geste sec.

— Nous n’avons pas le temps. Je viens d’appeler Simons, il va venir me chercher d’ici quelques minutes, tout ceci – elle désigna sa jambe – ne doit pas nous arrêter. La balle est ressortie, je m’en remettrai.

Léo acquiesça sans pouvoir s’empêcher de lui glisser un regard inquiet. Il voulait lui demander ce qu’il s’était passé, mais savait qu’il n’obtiendrait aucune réponse si elle n’était pas décidée à lui en donner. Comme pour s’accorder avec ses pensées, sa supérieure enchaina :

— J’ai vos pass – elle sortit de la poche située sur sa poitrine quatre cartes en plastique – un pour chacun des membres de votre équipe. Il vous reste deux heures pour vous rendre au vaisseau.

Léo connaissait déjà chaque détail du plan, mais il la laissa les lui répéter.

— Une fois sur place, laissez-vous mettre en hibernation, la procédure devrait durer une heure. Lorsque le vaisseau sera prêt à partir, l’agent infiltré viendra vous réveiller. Vous aurez très peu de temps pour agir et atteindre votre objectif. Rappelez-vous bien que je ne veux pas de dommage collatéral. Vous avez une cible et une seule. Le Général Kerns et ses hommes. Nous devons le stopper, stopper ce dernier vaisseau si nous voulons qu’il y en ait d’autres.

Le jeune homme hocha la tête en s’emparant des Pass. Il les inspecta et s’arrêta sur la photo apposée sur l’un d’entre eux. Il s’appelait désormais Jérémy Durant, il était le fils d’un des grands entrepreneurs de la colonie française et c’est ce qui lui avait permis d’obtenir sa place sur le vaisseau. Seuls les plus riches pouvaient encore prétendre à s’envoler pour Edénalia. Son regard se posa sur sa photo. Il paraissait jeune dessus, plus jeune que ses vingt ans et que toutes les horreurs qu’il avait vues ces dernières années lui donnaient l’impression d’avoir.  Ses grands yeux bleus adoucissaient ses traits anguleux et sa mâchoire carrée, ses cheveux brun coupé très court, comme tous les militaires, ressemblaient plus à un effet de mode qu’à une coupe obligatoire. Il se reconnaissait sans avoir l’impression d’être face à lui-même. Il enferma les cartes dans sa poche puis se releva. La femme assise en face de lui semblait épuisée. Sa coiffure, qui maintenait habituellement ses cheveux flamboyants en un chignon strict, était désordonnée. Ses traits tirés laissaient entrevoir l’âge qu’elle avait réellement. Pour la première fois depuis qu’il la connaissait il n’avait aucun mal à croire qu’elle venait de fêter ses quarante ans. Il se plaqua les mains le long de son corps, joignit ses pieds et redressa le dos et le menton.

— Permission de parler ? s’enquit-il

D’un geste du menton, elle lui donna l’autorisation. Il relâcha ses épaules et son regard se fit plus doux.

— Vous êtes certaine que je peux vous laisser dans cet état ?

Elle fronça les sourcils puis renifla dédaigneusement.

— Il m’en faut plus pour me terrasser soldat. Vous feriez mieux de vous inquiéter de votre mission.

Il pinça les lèvres, mais continua.

— Vous n’avez même plus votre masque. Vous ne pouvez pas sortir comme ça.

Elle le fusilla du regard, puis prenant appui sur la barre de fer qui lui avait servi de béquille, elle se mit debout.

— J’ai traversé trois blocs avec une balle dans la jambe, sans masque, avec comme seule aide cette maudite barre. Je pense que je peux survivre encore dix minutes assise dans cet entrepôt en attendant l’arrivée de Simons, agent Bright.

Léo acquiesça à sa tirade. Elle était sa supérieure et il avait outrepassé son rôle en s’inquiétant pour elle. Malgré tout il aurait préféré attendre avec elle. Elle ne lui en laissa pas l’occasion. Relevant la tête vers lui, elle ordonna :

— Maintenant que vous avez de quoi accomplir votre plan, déguerpissez, je ne veux pas vous revoir avant la fin de votre mission. Et je crois qu’il est préférable que vous ne parliez pas de l’état de ma jambe à vos hommes. Restez concentrés sur l’essentiel, il en va de la survie de milliers de personnes.

Le jeune homme fit claquer ses talons et porta sa main à son front dans un salut militaire, puis lui tourna le dos en repositionnant son masque sur son nez. Alors qu’il ouvrait la porte du hangar, le Général l’interpella :

— Et surtout, restez en vie Bright, nous avons encore besoin de vous.

Ce qu’elle ne disait pas, mais qu’il entendit dans sa voix, c’était l’affection qu’elle lui portait. Il ne lui fit aucune remarque, se contentant de hocher la tête avant d’ajouter :

— Je n’ai pas l’intention de vous décharger de ma présence Général, vous devrez encore me supporter.

Sans attendre de réponse il referma la porte derrière lui, puis remettant son oreillette de communication en place, il enfourcha sa moto tout en lançant un appel. Le moteur vrombit au moment où son interlocuteur décrocha. Il ne lui laissa pas le temps de parler.

— Dan, je serai là dans quarante-cinq minutes, tenez-vous prêts. Je passe voir Debby et je vous rejoins.

Il n’attendit pas de réponse. C’est lui qui donnait les ordres. Il coupa la communication et fit ronfler le moteur en s’éloignant en direction des lumières de la ville.

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